Le poids de nos croyances dans nos réflexions

#coaching , #entreprise , #limites , #croyances , #inférence

Minority Report : "The falling ball"

Bonjour à tous,

Petite réflexion sur la base d'un très court extrait de Minority Report de Steven Spielberg que je trouve très parlant concernant nos réflexes cognitifs.

En effet, la scène se déroule entre un policier du département pre-crime qui veut démontrer que la technique prédictive de crimes de son unité est infaillible à un agent du département de la justice. Il lance une boule en bois sur une rampe jusqu’à proximité de la main de l'agent qui la rattrape avant qu'elle ne tombe. Il démontre, selon lui, que la prédiction "un meurtre va être commis" est équivalente à "la boule va tomber". Ce faisant, il statue sur 2 sujets à la fois: 1) la certitude de la provenance de l'évènement 2) la fait qu'il n'y a aucune différence juridique entre "avoir l'intention de commettre un crime" et "commettre un crime". Mais revenons à ce qui se passe dans les têtes de chacun suite à cette "pirouette".

Les 2 personnages spéculent en même temps que la boule va tomber si l'agent du département de la justice ne la rattrape pas. Ils, comme nous, font preuve d'inférence. Mais cela ne s'arrête probablement pas là. Le policier a probablement la conviction qu'avec cette expérience, il va éclairer son interlocuteur sur son erreur qui consiste à croire que les prédictions de pré crime sont moins fiables que celle de la boule qui tombe comme la pomme de Newton.

De plus, peut être se dit il également que cette mise en perspective peut tellement choquer son interlocuteur que pour réduire sa "dissonance cognitive" c'est à dire sa surprise de la comparaison des 2 résultats, il va en conclure que le policier a raison ?

En réalité, pour le coup, là c'est moi qui fait preuve d'inférence. Dans les faits, je n'en sais rien, je sais juste qu'un policier a lancé la boule, l'agent l'a rattrapée et c'est tout. Est ce que la boule serait tombée sans la rattraper ? probablement mais peut être aussi que la boule a un cœur magnétique et qu'avec un aimant caché dans sa manche, l'agent aurait pu faire le prestidigitateur en la maintenant en l'air. Très improbable mais pas impossible.

Autre exemple d'inférence avec le dessin ci-dessous.. 


Si vous regardez à gauche, vous allez voir un carré. Si vous regardez à droite vous allez voir un rond et si vous regardez au milieu, vous vous apercevez que vous voyez un cylindre. Là vous réalisez qu'en fait, vous avez vu successivement l'ombre d'un cylindre sous 2 angles différents. Si vous allez plus loin, vous pouvez même déduire que lorsque vous regardez la première image, la seule information est : vous voyez une projection carrée

Tout ceci pour dire que nous agissons en permanence sous l'influence perpétuelle de nos inférences.

Soyons clairs, cela nous aide au quotidien comme dans les situations d'urgence. Maintenant, si l'on réflechit bien, toutes ces croyances que l'on garde avec nous pour notre plus grand bien la plupart du temps sont elles à même de nous limiter. La réponse est bien évidemment oui. Que sont les angoisses que l'on éprouve avant une épreuve, un examen, un concours ou autre ? Tout simplement la peur d'un évènement qui n'est pas encore arrivé mais que l'on croit très probable.

En coaching, l'un des apports principaux de la démarche est notamment que l'on va passer au crible toutes les croyances dites limitantes dans l'atteinte d'un objectif.

Une à une, on va tenter de les ramollir en les regardant sous différents angles tel le cylindre, en testant leurs fondements, la robustesse de leur prédictibilité jusqu'à aller chercher les bonnes raisons de croire que l'on a des limites ou, la plupart du temps, les mauvaises raisons de ces limites qui du coup s'effaceront pour faire place à d'autres plus positives.

La question n'est pas de savoir si l'on a des croyances (puisque c'est une certitude.. ou pas d'ailleurs ) mais bien de connaître les BONNES RAISONS de les avoirs c'est à dire celles en accord avec nos valeurs afin qu'elles aient un poids mesuré dans nos réflexions.

Merci Steven Spielberg pour la scène magistrale !!